
Irrésistibles dès les premiers instants, les Couguars n’ont finalement eu besoin que de dix petites minutes de jeu pour prendre la mesure d’un STB Le Havre rapidement pris au dépourvu (30-6, 10e). Ainsi très vite plié, le match fut expéditif.

Dans un Palais des Sports Jean Weille copieusement garni (5336 spectateurs) après trois bonnes semaines d’exil de l’équipe hôte (Semaine des As et déplacement à Rouen), c’est Marcus Slaughter qui remporte l’entre-deux. Mais pas le deuxième duel face au musculeux Joseph Jones. Et même si Ruby Jomby loupe lui aussi sa première tentative, les actions offensives nancéiennes ne donnent rien. Profitant de cette maladresse, les Havrais se hissent déjà devant grâce à J.J. Miller (0-2, 1e).
Pas pour bien longtemps, puisque via Jeff Greer, à trois points, puis Steed Tchicamboud, en percussion, les champions de France 2008 renversent la situation (5-2, 3e).
Une situation qui s’éclaircit même encore davantage suite aux loupés successifs de J.J. Miller (1/4 aux tirs) et Odartey Blankson. En deux coups de cuillère à pot, Jeff Greer et Marcus Slaughter, l’un de loin, l’autre de très près, provoquent le premier temps mort de Jean-Manuel Sousa (10-2, 4e). Un arrêt de jeu qui ne change pas vraiment la donne, un autre loupé, cette fois-ci de Joseph Jones sous le cercle, redonnant la possibilité à Marcus Slaughter d’ajouter deux nouvelles unités depuis la ligne des lancers francs (12-2, 5e). Maladroits au possible (1/11 aux tirs) malgré les quelques secondes chances gobées par-ci et par-là, les joueurs du STB subissent complètement. Stephen Brun, en opportuniste dans la peinture, puis Ricardo Greer, une fois encore à son avantage face à son concurrent direct, alourdissent l’addition (17-2, 6e).
Et ce n’est pas fini… Dépité face à la facilité des Couguars à convertir leurs contre-attaques, le staff adverse rappelle ses troupes pour la deuxième fois en l’espace de deux minutes. Entre les deux temps morts, les Normands ont encaissés un vilain 13-0 (23-2, 7e). Incapables d’approcher le cercle, ni même de prendre le dessus derrière l’arc (0/7 à trois points), la formation toute vêtue de rouge est littéralement impuissante. La belle défense lorraine, associée à une superbe mécanique offensive font lever la foule (30-2, 9e). Il faudra attendre la toute dernière minute pour voir Pape Sy enchaîner deux actions positives. Cela faisait huit minutes et trente points que le STB n'avait pas marqué... (30-6, 10e).
De retour sur le parquet pour le second acte, les Havrais repartent sur de bien meilleures bases en marquant un panier à mi-distance (30-8, 11e). Le problème, c’est que du côté du SLUC Nancy, le collectif n’est toujours pas grippé. Pas plus que la mécanique de tir de Steed Tchicamboud, à trois points (33-8, 12e). Et si Ansu Sesay obtient une faute en plus de son premier panier de la soirée, les percutants John Cox et Steed Tchicamboud, encore, puis Akin Akingbala,
tout en finesse face au fer, multiplient et transforment leurs courses vers le cercle (41-11, 13e).
Heureusement, J.J. Miller débloque le compteur de son équipe à longue distance (1/9), tandis que Pape Sy profite d’une maladresse d’Akin Akingbala pour ajouter un point supplémentaire. Mais rien n’y fait ! Agressés par la défense lorraine (6/20 aux tirs et 9 pertes de balles), dominés aux rebonds (17 à 8), et frêles à l’opposé, les Havrais ne peuvent stopper les ardeurs adverses. Pas même celles de Lesly Bengaber, tout juste entré en jeu à la place du capitaine Ricardo Greer (45-15, 15). Comme dans un rêve, la bande à Jean-Luc Monschau déroule son basketball. Comme dans un rêve, sous la houlette de Saidou N’Joya, lui aussi entré sur le parquet de Gentilly, Akin Akingbala écrase son premier « dunk » du match (49-17, 17e).
Alors Jean-Manuel Sousa tente de changer sa défense pour réduire le rythme imposé par un SLUC Nancy endiablé (19/31 aux tirs dont 6/7 de loin). Quant à J.J. Miller, il continue de faire fructifier son capital points (7 à 3/8 aux tirs). Mais le poignet de John Cox ne tremble pas (52-19, 18e). Pas plus que celui de Saidou N’Joya, qui marque là ses premiers points après avoir provoqué la deuxième faute personnelle de son vis-à-vis américain. Juste avant la mi-temps, Akin Akingbala, entre deux percées d'Odartey Blankson et Sarra Camara, montre toute sa technique et son touché dos au cercle, la faute provoquée en prime (9 points en autan de minutes jouées pour le pivot nigérian). L'ultime et très, très lointaine tentative havraise ne donnera rien. Direction les vestiaires pour les deux formations.

58 à 23 après vingt premières minutes de jeu durant lesquelles le Havre, complètement étouffé par la force de frappe nancéienne, n’aura vraiment pas pu rivaliser une seule seconde. Au dessus dans tous les compartiments de jeu (84 d’évaluation à 15), les Couguars ont fait plus qu'assurer.
Après quinze petites minutes de repos, les dix acteurs reprennent la direction du terrain de jeu. La balle est en possession du capitaine Ricardo Greer, qui prend les commandes, fixe la défense normande, feinte le tir puis ressort le cuir vers Stephen Brun, impeccable à trois points. L’ailier fort tricolore récidive même une action défensive positive plus tard, cette fois-ci à l'intérieur, et grâce à une superbe passe laser de Steed Tchicamboud (63-26, 21e).
Entre temps, Ansu Sesay avait réussi à marquer de loin. Vous l'aurez compris, contrairement à l’entame de match, les deux équipes se répondent du tac au tac. Mais vu l’écart qui les sépare, cela n’arrange qu’une seule des deux…
Et comme les Couguars n’ont pas vraiment décidé de baisser le pied, loin de là, la marge de manœuvre s’amplifie finalement encore davantage (70-30, 24e). Toujours parfaitement en place en défense, ils poussent les visiteurs à la faute (14/36 aux tirs et 12 balles perdues), se rendant le travail bien plus aisé en situation offensive (21 passes décisives déjà). Sur jeu de transition après le verrouillage du rebond, ou bien via jeu placé au terme d’une circulation de balle flamboyante, rien ne fait peur à ces irrésistibles Couguars, pour le plus grand bonheur de leurs supporters (74-32, 26e). À un peu plus de deux minutes de la fin de ce troisième quart temps, sans aucun espoirs de retournement de situation, les deux techniciens peuvent faire appel à leurs joueurs de banc.
Logiquement, l’intensité baisse d’un ton. Et dans un souci d’adoucir la correction qui se dessine, Chamberlain Oguchi, Joseph Jones, Rudy Jomby et Pape Sy enchaînent douze points consécutifs, sans en encaisser un seul (77-45, 29e). Une performance bien inattendue. Toutefois, il n’y a pas non plus de quoi arrêter le chronomètre, puisque c’est Marcus Slaughter, en guise de conclusion spectaculaire, qui stoppe la série offensive adverse. Juste avant que Jeff Greer, mais malheureusement après le « buzzer », ne marque un panier au delà de la ligne médiane, à l'aide du panneau (79-45, 30e).
Dès l’entame du dernier quart, la cadence infernale refait son apparition. Et si Joseph Jones marque par deux fois au dessus de Marcus Slaughter, la fougue de Saidou N’Joya fait ensuite la différence en faveurs de Nancy (81-49, 32e). Un peu plus brouillons dans leur approches vers leur panier, les Nancéiens voient tout même Le Havre marquer assez de points pour revenir sous la barre des trente unités d'écart (81-53, 33e). L’occasion pour coach « JLM » de prendre un de ses rares temps morts de la soirée,
juste histoire de remobiliser ses hommes, quelques peu déconcentrés. Une remise au point qui porte ses fruits, puisque au terme d’une action de jeu excellemment bien amenée par une fixation de John Cox aux abords de la peinture, Saidou N’Joya, esseulé dans le « corner » gauche, ajoute trois points (84-53, 34e).
Néanmoins, Ansu Sesay, tout en puissance et bien imité par Rudy Jomby, réplique illico presto au meneur de jeu nancéien (84-57, 34e). C’était sans compter sur la belle présence d’Akin Akingaba sous les deux cercles (11 points et 4 rebonds en 14 minutes), et une fois de plus sur l’adresse de Jeff Greer (88-59, 35e). Bien plus concernés en défense, les joueurs de Saint Thomas tentent pourtant le tout pour le tout. En vain... Une quatrième faute est sifflée contre J.J. Miller, et Joseph Jones, l’un des meilleurs marqueurs de son équipe avec dix unités, rejoint son banc alors qu’Akin Akingbala et Marcus Slaughter dominent les débats de la tête et des épaules (92-61, 37e).
Des contres, des interceptions, des « dunks » à deux mains voire même main gauche, les deux « Big men » du SLUC Nancy se régalent, tout en régalant la salle entière, bien sûr (94-61, 37e). L’ambiance est festive, et ce n’est pas le joli « fade away » d’Odartey Blankson qui ternira la belle soirée. Lesly Bengaber fait son retour sur le parquet, alors que le jeune pivot Abdel-Kader Sylla le foule pour la toute première fois. Deux minutes à jouer et trente et un points d’avance (94-65, 38e) : c’est en effet la fête ! Les dernières secondes de jeu sont anecdotiques ; Nancy remporte son quatorzième succès de la saison, renforçant ainsi sa troisième position au classement.

Le meilleur Couguar : avec 23 points (8/17 aux tirs), 5 fautes provoquées (7/7 aux lancers francs), 1 contre, 10 rebonds (6 offensifs), 5 interceptions et 2 passes (2 balles perdues) pour 30 d’évaluation en 26 minutes de jeu, Marcus Slaughter aura été intransigeant avec son ancienne équipe.
Le meilleur havrais : comme lors du premier match entre les deux équipes, le musculeux Joseph Jones, grâce à ses 10 points à 62,5% de réussite, son contre, ses huit prises, sa passe décisive et aucune perte de balle, aura été le meilleur havrais ce soir. Le pivot américain a d’ailleurs fini avec l’évaluation la plus élevée de son équipe : 17 en 20 minutes.
La stat’ : 30, comme le nombre de points consécutivement marqués par le SLUC Nancy entre la 2e et la 9e minute de jeu, le tout après avoir encaissé un premier panier de J.J. Miller. 30-0 en 8 minutes, peut-être un autre record à mettre au crédit du club lorrain.
La prochaine étape : l’Astroballe de Villeurbanne, deux semaines après y avoir laissé des plumes face à la Chorale de Roanne (68-90), dans le cadre de la Semaine des As. Cette fois-ci opposée à l’équipe locale, l’ASVEL Lyon-Villeurbanne (10e, 9-12), la formation lorraine espère déjà revenir à Nancy avec la victoire, histoire d’engranger les points, et de s’approcher sérieusement du Top2. Coup d’envoi le 13 mars 2010 à 20h00.
J.C
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