En deux temps, trois quart temps
En deux temps, trois quart temps
Vendredi 29 Janvier 2010 | ProA

Pris à froid (14-23, 10e) par un Paris-Levallois irréprochable (9/12 aux tirs au premier quart), les Nancéiens ont progressivement mis en route la machine... D'abord pour combler leur retard (44-44, 24e), puis prendre définitivement de l’avance, et enfin l’accentuer. Une victoire en deux temps, trois quart temps...



Dans un Palais des Sports enthousiaste malgré les intempéries et l’avancement de la rencontre, ce sont les Nancéiens qui, via Marcus Slaughter, bénéficient du premier ballon. Une possession de jeu qui ne donne rien dans un premier temps. À l’opposé, l’entame  de match est elle aussi brouillonne, mais si le SLUC Nancy arrive finalement à inscrire ses premiers points de la soirée sous le cercle, la vista de A.D. Vassallo, associée à la puissance de Lamont Hamilton et Rodney Elliot relèguent les hôtes (2-7, 2e). Extrêmement maladroits, notamment dans la peinture (1/7 aux tirs), Ricardo Greer et les siens ne peuvent qu’accompagner les contre attaques adverses (3-9, 3e). Plus agressifs, plus réalistes aussi, les hommes du Paris-Levallois dominent déjà leur sujet.

Et en dépit des oublis défensifs de Prosper Karangwa face au capitaine nancéien, tout roule. Seulement voilà, la défense lorraine est dorénavant bien meilleure, permettant ainsi de marquer un panier facile dans la peinture (5-9, 4e). Quelques petites erreurs sont encore à effacer, mais Jean-Luc Monschau n’est pas obligé d’arrêter le jeu : ses joueurs trouvent les solutions (7-11, 5e). Et si Lamont Hamilton marque, son tir était très difficile, et inscrit à la limite du temps imparti. La seule ombre au tableau pour les Couguars, c’est leur extrême maladresse aux tirs (3/15 aux tirs). Et dans des conditions pareilles, le PL ne se prive pas pour s’échapper à nouveau (7-15, 6e). Ricardo Greer réussi alors le premier panier lointain de la partie pour son équipe, mais les incessantes percées de Jimmal Ball et Prosper Karangwa pousse coach « JLM » à, en définitive, prendre un temps mort (10-17, 7e).

L’entrée en jeu d’Akin Akingbala à la place de Marcus Slaughter fait alors tout son effet, tout comme l’intelligence de jeu de Stephen Brun, parfait à mi-distance et en défense (14-17, 8e). Le SLUC Nancy, enfin en rythme, semble avoir retrouvé les valeurs qui lui ont permis d’enchaîner les victoires ces dernières semaines. Malheureusement, les efforts de chacun pour réduire l’écart ne  sont pas payés. Ils sont même punis par Jimmal Ball et Porpser Karangwa, encore à leur avantage en pénétration. Puis LaQuan Prowell, prépondérant face au cercle, et sur le « buzzer » s’il vous plait (14-23, 10e).

À moins neuf après dix minutes de jeu, les champions de France 2008 doivent impérativement se ressaisir et imposer leur cadence. Chose due, chose faite. La première action défensive est positive pour les locaux, et avec détermination, Kaniel Dickens marque son premier panier (16-23, 11e). Toutefois, la réussite parisienne contraste réellement avec la maladresse du SLUC, qui n’ose plus prendre ses tirs à 6,25 mètres. Il faudra une énorme claquette signée Akin Akingbala – qui a même faillit légalement contrer Jean-Baptiste Adolphe l’action suivante - pour que la salle se laisse emporter (20-27, 13e). Sans être bien brillants, les Nancéiens parviennent progressivement à prendre le dessus.

En tout cas, Paris-Levallois, c’est un fait, peine à enchaîner les bonnes actions de jeu (1/4 aux tirs et 3 balles perdues dans ce deuxième quart temps), permettant ainsi à Steed Tchicamboud de rattraper les petites bourdes de Kaniel Dickens, et de réduire considérablement l’écart à la marque (22-27, 14e). Et si Marcus Slaughter loupe ses deux lancers francs, l’abnégation de Ricardo Greer au rebond offensif fait plaisir à ses supporters (24-27, 15e). Alors certes, Jean-Baptiste Adolphe, et par deux fois, réussi à imposer son superbe physique sous son arceau pour marquer, mais Steed Tchicamboud et Ricardo Greer, eux aussi de près, exaspèrent Jean-Marc Dupraz (28-31, 16e).


Un dépit qui s’élève davantage lorsque Steed Tchicamboud (8 points à 50%) ajoute un autre panier quelques secondes plus tard. Dominants dans les airs (19 rebonds, dont 13 offensifs, contre 14), pas toujours récompensés (1/11 de loin), les joueurs du SLUC Nancy se battent sur tous les ballons et mettent énormément de pression sur les Franciliens (32-33, 18e). Seul A.D. Vassallo, assez prodigieux dans sa prise de tir (2/3 au delà de l’arc de cercle), réussi à interrompre la belle séquence lorraine (32-36, 19e). Mais pénalisés par les arbitres (3 fautes contre Marcus Slaughter), et souvent trahi par le fer, les locaux ne peuvent réellement prétendre dépasser leurs vis-à-vis. Des promus bien en place, jamais en panique, et donc, toujours devant au score à la pause…

34 à 38 après vingt minutes de jeu durant lesquelles le SLUC Nancy, en faillite totale face au cercle (14/45 aux tirs dont 1/13 de loin), n’aura fait qu’approcher un Paris-Levallois lui en pleine bourre (62,5% de réussite).

Au retour des vestiaires, le cuir est entre les mains de Steed Tchicamboud, qui peut mettre en place un premier système de jeu. Une offensive qui voit le tir lointain tenté par Jeff Greer buter sur le cercle. Et si une défensive plus tard, l’ailier dominicain  s’envole pour littéralement écraser la balle, A.D. Vassallo, le pistoleros sud américain du Paris-Levallois, ajoute trois unités à son escarcelle (36-41, 21e). Une joie de courte durée pour le banc des tout de bleu vêtus, puisque l’excellente prise de relai effectuée par Ricardo Greer redonne de la voix à Gentilly (40-41, 22e). Esseulé dans son coin grâce au parfait décalage crée par Prosper Ekangwa, Rodney Elliot inscrit le deuxième panier primé de cette deuxième mi-temps en faveur de son équipe, mais, au four et au moulin, le capitaine du navire lorrain, aussi bien secondé par ses lieutenants, rend le match de plus en plus palpitant (44-44, 24e).

Défensivement, les Couguars ont encore haussé le ton, ce qui, logiquement, rend les choses bien plus aisées en situations offensives. Ainsi, suite à deux lancers francs réussis par Jeff Greer, les félins passent devant pour la première fois de la soirée. Puis accentuent leur avance via Akin Akingbala, tout en touché (48-44, 25e). Une série (14-6 en 5 minutes) qui oblige donc le technicien du PL à stopper le chronomètre. L’arrêt de jeu permet à LaQuan Prowell d’être parfaitement mis en valeur à trois points, mais ne peut empêcher Ricardo Greer de lui répondre en tête de raquette. Ni Akin Akingbala d'aspirer tous les ballons qui traînent (11 rebonds en 17 minutes), puis d'ajouter trois autres points : le panier, plus un lancer bonus (54-47, 26e). La réussite semble avoir changé de camp… La tentative d’A.D. Vassallo entre puis ressort de l’arceau, tandis que LaQuan Prowell est sanctionné pour la quatrième fois du match.

Résultat des courses, les supporters (dénombrés à 4089 ce soir) poussent davantage leurs joueurs favoris, qui en dépit des quelques munitions laissées de côté, cumulée à la quatrième faute d’Akin Akingbala, n’encaissent pas de panier, et abandonnent leurs adversaires huit longueurs derrière (55-47, 28e). À une minute et trente seconde de la fin du troisième quart temps, les fautes sont de plus en plus nombreuses de chaque côté, et seuls les lancers francs sont de mise.  Jusqu’à ce que Steed Tchicamboud, toutefois un peu trop présomptueux sur sa tentative d’ « alley oop » pour Marcus Slaughter, ne plante finalement un panier à trois points ; le troisième seulement pour Nancy ! Imité par Jeff Greer, impeccable depuis la pause (7 points à 50%), le meneur français peut sourire (63-49, 30e).

Il reste dix minutes à jouer… Et la première est déjà dominée par les Nancéiens, qui via Ricardo Greer, puissamment agressif vers le cercle, provoquent la quatrième faute de Rodney Elliot, et ajoutent deux nouveaux points précieux (65-49, 31e). Complètement étouffés par la défense lorraine (8/28 aux tirs en deuxième mi-temps), les hommes de Jean-Marc Dupraz ne sont désormais plus que spectateurs des missiles lancés par Jeff Greer et consorts (71-49, 32e). Jamais avoués vaincus, les Parisiens tentent pourtant de réduire un écart qui a complètement explosé en l’espace de quelques minutes (27-5 en 8'). En vain… Une faute antisportive est sifflée à l’encontre de Rodney Elliot, qui du coup est sorti du match.

Puis une deuxième, cette fois ci contre Prosper Karangwa, qui était resté accroché au bras du virevoltant Steed Tchicamboud (73-52, 33e). Et si Lesly Bengaber, tout juste entré en jeu à la place de Ricardo Greer (23 points, 11 rebonds et 4 passes en 31 minutes), loupe deux lancers francs et un panier tout cuit sous le cercle – permettant d’ailleurs au jeune Andrew Albicy de marquer ses premiers points – la vitesse d’exécution de Steed Tchicamboud, encore, fait le reste (75-57, 34e). Finalement, Lesly Bengaber ouvre son compteur personnel, à trois points, suivi de près par Kaniel Dickens, aux lancers francs (81-61, 36e).


Quatre grosses minutes à jouer, et les carottes semblent désormais bien cuites pour le Paris-Levallois d’A.D Vassallo (13 points à 5/13 aux tirs), qui tente maintenant de sauver les apparences. Mais la pression défensive infligée par les Lorrains ne désemplie pas, et sous la houlette de Saidou N’Joya, tout juste entré en jeu, c’est dorénavant l’équipe entière qui participe à la fête. Le jeune meneur ne tarde d’ailleurs pas à marquer, à son tour, ses toutes premières unités. Deux paniers quasi similaires depuis le « corner » gauche, puis un superbe « dunk » en contre attaque qui concluent ce match sur une bonne note (89-64, 40e). Une onzième victoire en championnat (la troisième de suite) qui rapproche davantage le SLUC Nancy du podium.


Le meilleur Couguar : Ricardo Greer, qui grâce à ses 23 points (à 7/18 aux tirs dont 2/6 de loin), ses 7 fautes provoquées (7/8 aux lancers francs), ses 11 rebonds (7 offensifs), ses 3 interceptions et ses 4 passes distillées (pour 1 seule balle perdue) en 31 minutes, a mené les siens vers la victoire, mais aussi, et pour la première fois depuis le 2 janvier, dépassé le seuil des 20 d’évaluation (28).

Le meilleur parisien : Rodney Elliot, le seul joueur de l’effectif du Paris-Levallois à avoir au moins atteint la barre des 10 d’évaluation ce soir. Deuxième marqueur (12 points à 4/7 aux tirs) et deuxième rebondeur (6 prises) de son équipe, l’ailier fort américain s’en est effectivement le mieux sorti en totalisant 14 d’évaluation en 22 minutes de jeu.

La stat’ : 8, comme l’évaluation collective du SLUC Nancy (6/22 aux tirs dont 1/7 de loin et 4 balles perdues) après dix minutes de jeu (contre 33). Un faible total qui était bien loin de pouvoir atteindre la centaine trente minutes plus tard. Et pourtant…

La prochaine étape : samedi 6 février 2010 (20h00), au Colisée de Chalon-sur-Saône pour y affronter les hommes de Gregor Beugnot, lanternes rouges de ProA (16e, 3-13) avant d’affronter le Poitiers Basket 86, demain soir, en déplacement. L’occasion pour les Nancéiens de retrouver Ricky Soliver et Maxime Zianveni, deux ex de la maison.


J.C

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