Victoire d'un SLUC aux deux visages
Samedi 23 Janvier 2010 | ProA

Méconnaissables en première mi-temps (39-47, 20e), les Nancéiens ont su par la suite hausser le ton en défense (30 points encaissés à 7/21 aux tirs, dont 16 sur lancers francs) pour finalement trouver les bonnes solutions face à leur cercle, et battre Strasbourg…

À l’entre-deux, c’est David Simon, face à Akin Akingbala, qui permet aux siens de jouer la première offensive du match. Une action de jeu qui ne donne rien pour Anthony Roberson, qui voit son tir filer… droit en touche. Pourtant, c’est bien Strasbourg qui ouvre la marque, suite à un passage en force de Steed Tchicamboud (0-2, 1e). La réplique lorraine tarde à venir, mais le pivot nigérian du SLUC parvient tout de même à égaliser, non sans mal, sous son cercle (2-2, 2e). À l’opposé, l’exécution est très rapide, et si Jeff Greer réussi à imiter Anthony Roberson, cette fois-ci en réussite depuis les 6,25 mètres, l’agressivité alsacienne sort Kaniel Dickens du match, et relègue Nancy à quatre longueurs (5-9, 3e). 

En défense, les visiteurs font plus que résister, et posent énormément de problèmes aux offensives locales. Certes, Jeff Greer dégaine plus vite que son ombre, et avec succès (3/3 à trois points). Mais seulement en réponse à l'époustouflant Anthony Roberson, sur un nuage depuis son « air-ball » initial (14-15, 5e). Le spectacle offert aux nombreux supporters présents ce soir est superbe, mais pas vraiment à l’avantage des hommes de Jean-Luc Monschau, maladroits au possible (8/19 dans ce quart temps, dont 25% dans la raquette), et souvent dépassés en situations défensives (14-19, 6e). Brouillons face à la zone proposée par les champions de France 2005, les titrés de l’an 2008 sont littéralement spectateurs des nombreuses contre-attaques adverses (14-21, 7e). 

Le match dans le match entre Jeff Greer (12 points) et Anthony Roberson (13 points) n’a donc qu’un goût amer. Le temps mort pris par le technicien du SLUC Nancy redonne toutefois quelques couleurs à ses troupes, qui via Steed Tchicamboud à mi-distance, recollent légèrement à la marque (16-21, 8e). Seulement voilà, ce n’est pas assez. David Simon se ballade dans la peinture, tandis qu’à l’opposé, sous la houlette du jeune et virevoltant Thomas Heurtel, la réussite aux tirs est quasi parfaite (16-27, 8e). L’abnégation de Marcus Slaughter, près du cercle, et de Stephen Brun, à longue distance, n’y change rien. Les tout de rouge vêtus déroulent et virent logiquement en tête à l’issue du premier acte (21-29, 10e).

Balle en main à la reprise du jeu, les Nancéiens de Steed Tchicamboud offrent déjà trop de possibilités de jeu rapide aux hommes de Fréderic Sarre, qui ne se font donc pas prier pour à nouveau s’échapper (21-31, 11e). John Cox et Lesly Benbager sont alors appelés en renfort, histoire de recadrer les cadres, et aussi les systèmes offensifs. Malgré cela, les tentatives ne rentrent que très rarement, et si le cousin de Kobe Bryant trouve enfin le chemin des filets - son premier panier de la soirée - Tremmell Darden et ce diable d’Anthony Roberson calment les 5400 personnes garnissant le Palais des Sports Jean Weille (25-36, 13e). 

Complètement étouffés par la superbe et efficace défense alsacienne, les Couguars semblent bien timides, voire hésitants dans leurs intentions, jusqu’à ce que Stephen Brun, à l’interception, ne lance son capitaine Ricardo Greer, en très grosse difficulté jusqu’alors (29-36, 14e). Les supporters retrouvent un peu de voix. En effet, les deux contres magistraux signés Marcus Slaughter sur les intérieurs adverses permettent au SLUC Nancy de repartir de l’avant. Un soudain regain de forme qui, tout simplement, relance la partie et provoque l’arrêt de jeu (33-36, 16e). Et si, malgré le pressing tout terrain imposé par Kaniel Dickens - revenu sur le parquet – et consorts, le bondissant Tremmell Darden claque un énorme « dunk », John Cox se charge de la réplique de l’autre côté du terrain (35-38, 17e). 

À un peu moins de trois minutes de la pause, l’écart est ainsi plus minime que jamais entre les deux formations de l’Est. Mais coach « JLM » est tout de même dans l’obligation de prendre à son tour un temps mort. Parce qu’entre temps, la raquette de son équipe s’est faite perforée par Elson Mendy, auteur de quatre points consécutifs. Étrangement esseulé sous son cercle, le longiligne ailier n’a pas vraiment eu de mal à ouvrir et bonifier son compteur points (35-42, 18e). Pour autant, cette remise en place tactique n’estompe pas les malheurs des intérieurs nancéiens, à nouveau pris de vitesse par Elson Mendy, puis par Ben McCauley, au rebond offensif et à la marque, sur le « buzzer ».

39 à 47 après vingt minutes de jeu durant lesquelles le SLUC Nancy de Jeff Greer (4/4 de loin dans le premier quart) et Marcus Slaughter (8 points, 8 rebonds et 5 contres dans le second) n’aura pas trouvé la bonne recette, ni en attaque (12 balles perdues et 43% aux tirs), ni en défense.

Au retour des vestiaires, ce sont les Alsaciens qui bénéficient du premier ballon. Et comme en première mi-temps, c’est dans la peinture qu’ils prennent le dessus sur leurs hôtes, grâce à Tremmell Darden, bien servi par son meneur de jeu (39-49, 21e). Jeff Greer marque ensuite son tout premier panier depuis ses dix premières minutes parfaites, mais en quelques secondes à peine, c’est à nouveau Tremmell Darden qui vient mystifier la défense du SLUC (41-51, 22e). Néanmoins, les locaux se ressaisissent enfin en défense, provoquant les pertes de balle adverses pour, petit à petit, réduire de moitié l’écart (46-51, 24e). Et encore davantage lorsque sur un énième rebond offensif de Marcus Slaughter, le cuir est ressorti en périphérie, puis décalé vers Ricardo Greer, qui plante de loin (49-51, 24e). 

Quelques petits réglages sont encore à revoir afin de contenir l’étonnant David Simon (11 points), mais offensivement, le jeu de passes des Couguars a fait sa réapparition, ce qui, il faut bien le dire, simplifie amplement la tâche de ces derniers. Dans une ambiance de folie, Steed Tchicamboud intercepte le ballon, le transfert au flamboyant Jeff Greer, qui écrase celui-ci dans l’arceau. Les deux équipes sont à égalité (53-53, 25e) ! Un retournement de situation qui, malheureusement, est gâché par deux décisions plus que discutables prises à l’encontre des Nancéiens : un panier non valable accordé à Tremmel Darden, qui a plié l’arceau avant de faire entrer la balle, puis une faute non sifflée sur Jeff Greer, alors que ce dernier s’élevait vers le cercle. 

Résultat des courses, les Lorrains s’agitent logiquement, et se voient punis d’une faute technique, offrant ainsi l’opportunité à la SIG de prendre à nouveau ses aises à la marque (53-58, 27e). Les supporters, révoltés, élèvent leurs voix et font trembler les tribunes. Des encouragements bénéfiques au SLUC, qui via Ricardo Greer, tout en finesse, et Stephen Brun, à trois points en tête de raquette, revient à hauteur de son voisin géographique (58-58, 28e). Malgré les événements, la dynamique est donc clairement nancéienne. Et si les tirs suivants ne rentrent pas tous, la combativité de Marcus Slaughter fait la différence, et quelle différence ! Pour l’une des rares fois du match, si ce n’est la première, Nancy est devant (60-58, 29e). Puis s’échappe avant la fin du quart temps (63-58, 30e).

À l’approche de la fin du match, il serait bien dommage de laisser s’échapper cette marge. Il serait même judicieux de la faire fructifier. Et c’est ce que s’empressent de faire Marcus Slaughter (16 points), auteur d’une claquette « dunk » impeccable, et Jeff Greer, derrière l’arc (68-58, 31e). En l’espace de trois minutes, les Couguars ont infligé un sanglant 15-0 aux Strasbourgeois, complètement acculés par la pression. Sans réussite, approximatifs dans leurs passes et nerveux, ils sont même sanctionnés d’une faute technique, puis d’un énième « dunk » de l’éclatant Marcus Slaughter. Seuls deux lancers francs de David Simon auront stoppé la belle imperméabilité du SLUC (73-60, 33e)… 

Frédéric Sarre joue alors son va tout, et demande à ses hommes de défendre en zone, histoire de ralentir les ardeurs adverses. Une décision qui fonctionne dans un premier temps, mais qui n’empêche pas Steed Tchicamboud de riposter illico presto (75-61, 34e). Cependant, et les Nancéiens le savent – eux qui ont été rattrapés puis dépassés de justesse par les Orléanais il y a deux semaines à Gentilly – tout peut basculer très rapidement en basketball. Il suffira d’ailleurs d’un panier à trois points, converti par Anthony Roberson (20 points), à Jean-Luc Monschau pour prendre un temps mort (75-64, 35e). Et le technicien du SLUC l’avait bien senti… Troisième faute de Marcus Slaughter, puis quatrième pour Jeff Greer, alors que Anthony Roberson, encore lui, tentait à nouveau sa chance de loin (75-66, 36e). 

Heureusement, le capitaine du navire veille au grain (12 points), tout comme son jeune frère. Tout ça grâce au travail de sape de l’immense Marcus Slaughter (80-66, 36e). Cette fois-ci, la SIG semble bien avoir lâché l’affaire. Il faut dire, surtout, que les Lorrains les ont bien aidé. Les deux nouvelles flèches lancées par Steed Tchicamboud et Jeff Greer (28 points) font rugir de plaisir la salle, juste avant qu’Akin Akingbala et Saidou N’Joya n’entrent en jeu pour les dernières minutes du match (86-66, 37e). Seuls quelques lancers francs sont accordés à l’attaque strasbourgeoise… Les supporters sont debout, les jeune Gaëtan Clerc lui, sur le terrain et à la marque, et si Thomas Heurtel sauve quelque peu les apparences à trois points, la victoire est sans conteste pour Nancy (95-77, 40e).

 

Les meilleurs Couguars : Jeff Greer (28 points à 10/14 aux tirs, dont 8/11 de loin, 3 interceptions et 3 passes pour 30 d’évaluation en 30 minutes), qui enchaîne les cartons offensifs depuis quelques semaines, redevenant ainsi le même joueur que l’année du titre. Et Marcus Slaughter (18 points à 8/12, 19 rebonds dont 7 offensifs, 2 interceptions et 2 passes pour 36 d’évaluation en 32 minutes), lui aussi à son tout meilleur niveau ; celui affiché sous les couleurs du STB Le Havre l’an dernier, tout simplement.

Les meilleurs SIGmen : l’énergique meneur de jeu Thomas Heurtel (16 points à 56%, 3 rebonds, 1 interception et 4 passes pour 16 d’évaluation en 29 minutes) et l’incontournable Anthony Roberson, auteur de 22 points à 7/16 aux tirs, dont 5/10 de loin, 3 rebonds, 1 interception et 2 passes pour 17 d’évaluation en 32 minutes.

La stat’ : 76, comme l’évaluation collective du SLUC Nancy en deuxième mi-temps (56 points à 53,8% aux tirs, dont 9/17 de loin, 8 fautes provoquées, 2 contres, 23 rebonds, 4 interceptions et 17 passes pour 4 balles perdues en 20 minutes), soit le total cumulé par les joueurs de Strasbourg sur l’ensemble du match. Tout simplement hors norme !

La prochaine étape : le Palais des Sports Jean Weille, encore, pour la réception du Paris-Levallois (8e, 8-8), vainqueur, à domicile, aux dépends du Poitiers Basket 86 ce soir (80-71). Match exceptionnellement programmé au vendredi 30 janvier 2010, à 20h00.


J.C


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