Arrivée à Gentilly de la dernière équipe à y avoir gagné : Gravelines !
Arrivée à Gentilly de la dernière équipe à y avoir gagné : Gravelines !
Vendredi 21 Novembre 2008 | ProA

Nancy… Gravelines… Jean Luc… Christian… Au-delà d’une « affaire de famille », cette rencontre de la 8è journée de la phase aller vaudra surtout pour le choc en tête de classement qu’elle représente. Autant dire que le match de ce samedi soir sera une excellente opération comptable pour le vainqueur. Nancy, meilleure attaque et équipe la plus complète, Gravelines, 3è attaque de ProA et 3è à l’évaluation, Gravelines reste la dernière équipe en date à avoir réussit la performance (car c’en est toujours une) de venir battre le SLUC dans son arène, devant son public. C’était le 7 Mars 2008 et depuis, Nancy a aligné 11 succès d’affilé, championnat et playoff inclus.

GRAVELINES

14è de la dernière saison, et un sauvetage en ProA in extremis (1 point séparait le BCM de Paris-Levallois), une saison ratée pour un club qui nourrit de grosses ambitions depuis quelques années. Saison ratée donc, et qui n’aura été qu’illuminée brièvement par une Coupe de France qui elle, fut une réussite et qui vit une équipe motivée et défendre son honneur, battue en demie finale par Cholet.  A situation d’urgence, thérapie choc ! 14 départs, joueurs et staff compris. Et l’arrivée du « Sorcier », Christian Monschau, devenu expert dans l’art d’optimiser au mieux un portefeuille. Ses années aux Havre auront été chacune des défis, sans cesse plus grands, et toujours relevés avec succès.

Bilan : aujourd’hui le BCM est redevenue une équipe qui compte dans la hierarchie de la ProA. Virtuels co-leaders avec Nancy, 3è armada offensive et 3è équipe la plus complète comme dit précédemment, Gravelines est aussi la seconde défense la plus imperméable. Derrière ce constat, les chiffres confirment l’énorme impression que laisse ce BCM version 08-09. Seconde équipe la plus adroite (57.3%), meilleure collectif au-delà des 6m25 (40.6%), Gravelines est logiquement l’équipe la plus adroite du championnat. Nancy, 3è, n’est pas loin.

Intraitable au Sportica (4 victoires en 4 matches), le BCM a tout de même réussi à prendre 2 points dans le Var mais surtout… A s’imposer avec brio dans la salle d’Orléans (76-89) ! Equipe en forme, sérénité absolue, le SLUC va donc connaître un nouveau gros challenge après son déplacement à Roanne.

Au repos cette semaine, les Couguars n’auront pas eu de rencontre d’Euroleague. Au contraire des maritimes, qui pour la première fois, auront enchaîné 2 matches dans la semaine puisque jouant la Coupe de France mardi dernier, contre une équipe d’Evreux qui leur aura donné beaucoup, beaucoup de fil à retordre.

L’EFFECTIF

Tony SKINN (Meneur, USA)

Rare satisfaction de la saison clermontoise dernière, Skinn a changé d’air. Attaquant redoutable, présentant toute les qualités de dribble, de vitesse et de percussion des meneurs Made In USA, Skinn explose littéralement en ce début de saison. Leader de cette équipe (18 d’évaluation), aux points (18 points de moyenne), aux passes (3.7), Toni Skinn est également un défenseur de premier choix.  A 25 ans il devient de plus en plus discipliné et par effet immédiat, de plus en plus omniprésent et important. Capable de coup de chaud offensifs, il reste sur quasi 26 points de moyenne sur les 3 dernières rencontres de ProA. Indéniablement il sera un des joueurs à limiter en priorité. Avec un Skinn à 10 ou moins d’éval, Gravelines n’est plus aussi serein. 10 d’éval contre Toulon, le BCM s’impose de 2 petits points, -4 pour le meneur contre Cholet, et défaite pour le BCM. Le tandem Tchicamboud/Cox est avertit.

Loïc AKONO (Meneur, France)

Issu de la formation locale, Akono n’avait cependant pu réussir à s’imposer dans la rotation maritime. La faute à un contexte clairement pas favorable à ce genre de « prise de risque », Akono s’en est allé à Brest, en ProB, s’aguerrir.  Une expérience réussie, et revoilà ce meneur petit format (1m76), véritable mobylette, sur les parquets de proA (13 minutes de temps de jeu). Toujours en difficulté avec son adresse, un défaut récurrent de son jeu, Akono se montre en revanche altruiste avec 2.3 passes par rencontre. Avec 2.4 points et 2.3 d’évaluation, cette saison doit avant tout lui permettre d’asseoir sa légitimité à évoluer à ce niveau de compétition.

Yannick BOKOLO (Arrière, France)

Après 5 saisons au Mans, et à l’image d’un Amagou l’année précédente, le changement d’air devenait incontournable pour Yannick Bokolo. Utilisé comme arrière, et avec de nouvelles responsabilités, Bokolo est resplendissant. Alors qu’il n’avait jamais passé la barre des 30% à 3 points en ProA, il pointe à 53% en ce début de saison. Effet immédiat, ses productions offensives sont bonnes, avec 10 points de moyenne et 47.3% d’adresse globale. Complet (4.1 rebonds, 2 passes), excellent défenseur, il apporte fougue, vitesse et expérience. Sur les bases de réaliser sa meilleure saison à ce niveau, avec un temps de jeu globalement similaire à celui qu’il avait dans la Sarthe, il illustre à merveille le profil de son équipe, efficace en attaque et redoutable en défense.

Tony STANLEY (Arrière, France)

Il a éclaboussé la France de son talent avec le maillot havrais, il a déçu l’an passé, clairement affecté par la mauvaise saison de son club. Avec le retour de « son » coach, Stanley retrouve des couleurs. Moins chambreur, moins explosif, moins fou, il n’en reste pas moins un attaquant hors pair, toujours capable de réussir l’impensable. D’autant plus quand il a le sourire. Ses 13 points à 41%, ses 4.1 rebonds, 2.4 passes et 2 interceptions par match (11.6 d’éval) démontrent toute la polyvalence de son jeu. Reste que Tony Stanley manque toujours de constance, en témoignent ses  25 points lors de la première journée et ses 2 petits points contre Le Havre au cours de son dernier match. Mais avec lui Gravelines possède un facteur « X » de premier choix. Et face à Nancy, Stanley est rarement mauvais (18.1  points moyenne contre le SLUC)

Nick GEORGE (ailier, Angleterre)

Il a connu l’Italie (Trévise, Imola), l’Espagne (Alicante), et maintenant, la France. International anglais (il a disputé le dernier Euro Basket), Georges s’il est annoncé à 1m98 par son club est clairement plus petit. Plus proche du 1m93, il n’en reste pas moins un ailier charpenté, dur à bouger, complet. A son arrivée en France, la presse spécialisée mettait en avant ses limites à 6m25. Avec 55% actuellement, on peut estimer que ce n’est pas le cas. Avec 7.3 points et 2.4 rebonds (6.3 d’évaluation) en 14 petites minutes, George fait un bon boulot. Ses deux matches contre Orléans (13 d’éval) et Besançon (16 d’éval) ont montré qu’il pouvait aussi prendre les choses en main durant un match.

Max KOUGUERE (ailier, Congo)

Un potentiel énorme. Au point que Christian Monschau a préféré lui donner sa chance plutôt que de prendre un 4è joueur US. Si son nom est encore peu connu par le grand public en ProA, les fanatiques du championnat espoir se rappelleront vite de cet ailier planant, littéralement électrisant à voir évoluer. Des qualités athlétiques très largement au dessus de la moyenne, une détente et un timing qui en font un dunkeur fou, il a connu son heure de gloire au dernier All Star Game en s’adjugeant le concours de dunk. Mais croire que le congolais ne serait qu’une « bête de show » serait une énorme erreur. Dominateur en espoir l’an passé ( 19.2 points, 6.1 rebonds), il a démontré de vraies aptitudes d’adresse (61/146 à 6m25). A joué 3 fois 4 minutes depuis le début de saison. La dure loi de l’apprentissage.

Cyril AKPOMEDAH (intérieur, France)

Au terme d’une saison 2004-2005 superbe avec Cholet, Akpomedah décide de prendre le départ pour Charleroi, en Belgique. Le compte de fée ne durera pas, et après une seconde année belge, il revient à Paris. Hélas encore une fois, le compte de fée parisien ne prendra pas, l’équipe descend en ProB et Cyril Akpomedah cherchera à se relancer. Ce sera Gravelines. Grand bien lui en a fait, tant son début de saison est solide. Quasi 30 minutes de jeu, 7.7 points à 52.2% mais surtout, 6.6 rebonds et 1.9 contres par match. Elément clé de la défense maritime, grand et mobile, Akpomedah affiche un solide 12.4 d’évaluation. Retrouver Christian Monschau qu’il avait connu avec Châlons lui a fait le plus grand bien. Ne rechigne pas à prendre sa chance à 3 points.

J.K EDWARDS (Intérieur, USA)

C’est Christian Monschau qui lui donna sa chance en ProA, en 2005, après une grosse, grosse saison avec Quimper. Intérieur petit format, mais parfaitement capable de glisser poste 5 également, son volume de jeu séduira Cholet la saison suivante. Retour au Havre l’an passé, il va suivre son coach jusque sur les bords de l’Aa. Joueur de l’ombre, toujours partant pour aller au mastic, il se montre adroit près du cercle. Auteur de 6 points et 5.4 rebonds par soirée (23 minutes de jeu), Juan Khalif Edwars pêche encore aux lancers francs, où son indigence fait tâche (46.2%).

Rashaun FREEMAN (Pivot, USA)

Découvert par Nantes en ProB, il va exploser les compteurs (19.8 points et 9.9 rebonds). Courtisé par bon nombre de clubs de ProA à l’intersaison, c’est Gravelines qu’il choisit finalement. Et visiblement Freeman n’a ressenti aucune difficulté à s’adapter. Son côté agressif, dominateur, lui permet de bouger son monde dans la peinture et d’y faire des chantiers incroyables. Joueur survitaminé, il peine à s’éloigner du cercle. N’empêche que, avec presque 74% de réussite, il aurait tord de se priver d’une telle efficacité. Auteur de 11.3 points et 5.3 rebonds (16.3 d’évaluation) pour 18 minutes de jeu, Freeman ne l’oublions pas, vient tout juste de souffler sa 24è bougie !

Dan McCLINTOCK (Pivot, USA)

Le plus nancéien de cette équipe de Gravelines, va retrouver le parquet de Gentilly et ce public qu’il connait si bien.  En 3 années, il aura connu 3 finales à Bercy, et 3 échecs. On connaît parfaitement les qualités (et les défauts) de ce joueur attachant, et nul doute que le public saura lui rendre un grand et vibrant hommage. Personne ici n’a oublié la gentillesse et la disponibilité de Dan McClintock. Son après Nancy, c’est à Oldenburg (Allemagne) que cela s’est passé. Rapidement blessé, sa saison aura été sans grande envergure. Utilisé avec parcimonie au BCM (14 minutes), Dan apporte avant tout son adresse près ou non du panier (65.4% et 33% à 6m25). Plutôt présent au rebond (2.3 prises) il aligne 5.6 points et 7.3 d’évaluation. Nul doute qu’il aura à cœur de briller devant son public. Par contre, s’il y a bien un coach qui le connait par cœur, c’est bien jean Luc Monschau.

LE CHIFFRE

15. C’est le pourcentage de baisse de la masse salariale cet été, lien direct de la mauvaise saison passée. 9è masse  salariale quand Gravelines trustait la seconde place il y a un an, on comprend mieux le choix « Christian Monschau » à la tête de l’équipe.  Pour rappel, avec Le Havre et l’avant dernier budget, le frère cadet de la famille Monschau avait hissé ses poulains à la 5è place du championnat. Et même s’il se défend d’être un « sorcier », son début de saison démontre une nouvelle fois à quel point il excelle quand il s’agit de bonifier une enveloppe financière. Pourvu que ça dure !

LES CLES DU MATCH

La défense. Quand deux armadas offensives s’affrontent la décision se fait rarement sur l’attaque mais bien sur la capacité à défendre. Si les chiffres parlent en faveur de la défense du BCM comparé à celle de Nancy, le SLUC monte en régime. La défense qui parviendra à neutraliser l’autre, à baisser les pourcentages de réussite, sera certainement celle de l’équipe qui prendra les 2 points de la victoire.

Le tir primé. Vous me direz que cela est directement lié à la défense, et vous n’aurez pas tord. Mais mettre en avant ce secteur particulier du jeu des maritimes, ce n’est pas chose anodine. Gravelines est leader dans le domaine, possède une palanquée d’hommes capables de mettre de grosses séries de tirs. Face à Roanne, le SLUC était parvenu à défendre excellemment bien sur les shooteurs extérieurs. Prestation à renouveler, même si à la différence de ce match contre Roanne (Nancy sortait d’une bonne victoire en Euroleague), le SLUC n’a pas joué depuis une semaine.

Tony Skinn Vs Ricardo Greer. Jamais évident de sortir une individualité d’un collectif, mais pour le coup, Skinn sera indéniablement l’homme à surveiller. Baromètre de l’équipe, il rayonne sur le collectif. Les chiffres le prouvent, avec son meneur à 10 ou moins à l’évaluation, Gravelines est très embêtée et perd (ou presque). Avec un Skinn très fort, le BCM devient ultra compliqué à battre, Orléans en a fais les frais. Et comme en face, côté SLUC, on aura vite compris qu’avec George et Kouguere comme seuls véritables ailiers, Gravelines présentait un défaut dans sa cuirasse, Ricardo Greer va à nouveau jouer lui aussi un rôle prépondérant. Duel à distance entre deux individualités majeures de ce championnat, qui auront l’une et l’autre une partie des réponses quant à l’issue de ce match.

 

G.Lambolez

PROCHAIN MATCH
Sluc / Gravelines
Samedi 22 novembre
À 20H00

Sluc / Dijon
Dimanche 7 décembre
À 14H30

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